Ou est-il ?
Affaibli, divisé, inexistant, distant, arrogant, avide de pouvoir…, on ne saurait trop comment qualifié notre parti socialiste actuel. Enchainant défaites sur défaites, humiliations sur humiliations celui-ci ne parvient à se souder, à ce concerter pour enfin rebondir. Mais rebondir sur quoi ? Là est toute la question car au vu de ce qui se passe rue de Solferino on semble très loin d’une réelle refondation.
La création d’”un laboratoire des idées”. Il faut saisir toute la portée de l’expression: un laboratoire consiste à tester, expérimenter; les idées consitent à eclairer, faire avancer. il s’agit donc d’”expérimenter des idées”: elles changent en fonction de la réaction de la population; si le peuple adhère, on adhère, si il n’est pas d’acord, nous ne sommes pas d’accord. La politique: une histoire de convictions ! Sont-ce des valeurs de gauche ? Sont-ce des réponses globales à des sujets mondiaux ? est-ce le respect des travailleurs ? Est ce la proximitée d’avec le peuple ? Est-ce la défense des plus défavorisés ? Est-ce la lutte contre les inégalités ? NON
La crise actuelle souligne la faillite de l’idéologie néolibérale. Des niveaux de vies qui s’accroissent, une espérance de vie qui s’allonge, des populations du monde entier en lien direct, une diffusion du progrès technique: c’est une réalité. La globalisation de l’économie et de la finance, la priorité au capital sur le travail, des multinationales plus puissantes que les états eux mêmes, des populations spoliés : c’est aussi une réalité. Le Parti Socialiste doit cesser de faire de l’opposition systématique sa seule conviction, de faire de sa course au pouvoir sa seule motivation, de laisser le gouvernement décider de ses orientations: Il doit proposer de VRAIES solutions. Les réponses existent. Joseph stiglitz, Paul Krugman, de nombreux économistes et intellectuels proposent des avancées, des pensées, des alternatives. Le parti socialiste doit s’inscrire dans ce credo.
La culture du marché s’impose partout: à l’hôpital, à l’école, à l’université, à la gendarmerie… Lionel Jospin a dit un jour “oui à l’économie de marché, non à la société de marché” Le PS se doit de suivre cette idée, de ce réapproprier les valeurs de gauche, elles sont intemporelles: être de gauche c’est être du coté des défavorisés, des minorités. c’est défendre la justice, la liberté, le travail, la solidarité…
Si le Parti Socialiste se perd, c’est le peuple de gauche qui perd
Mais est-ce justement au PS de mener ce combat contre le néolibéralisme? Tu sembles sous entendre que le problème majeur du PS est institutionnel alors qu’il me semble que le problème est finalement idéologique. Les deux problèmes sont indéniablement liés, les conséquences de l’un tirant celles de l’autre toujours en dessous du niveau de la mer. Il y a un manque indéniable d’idéologie dans la classe dirigeante du PS, et le simple fait qu’il y ait une classe dirigeante empêche la refondation idéologique du parti puisque cette bureaucratie a intérêt à se maintenir au pouvoir mais que se positionner politiquement est une prise de risque.
Est-ce donc au PS de s’élever contre le néolibéralisme alors qu’il n’en a ni les moyens institutionnels ni le désir?
François
20 août 2009 à 08:01
“Il y a un manque indéniable d’idéologie dans la classe dirigeante du PS”
Un manque d’idéologie au PS ? Non, je ne crois pas que ce soit ça le problème. Le problème, c’est plutôt que l’idéologie du PS c’est l’économie de marché, le spectacle et le libéralisme.
A ses débuts, le PS avait pour ambition de proposer une alternative à l’économie de marché. Revoyant ses prétentions à la baisse, Jospin déclarait “L’Etat ne peut pas tout” : désormais le PS ne se donne pour objectif que de réguler les défaillances de la libre concurrence, de réguler le marché au lieu de faire autrement. Aujourd’hui, ce n’est même plus ça.
Quand les dirigeants du PS s’insurgent contre le gouvernement, c’est dans les 3/4 des cas sur la forme qu’on pris les ministres ou le président pour annoncer et faire appliquer les réformes, mais sur le fond idéologique de celles ci, très peu (mêmes surenchères sur l’insécurité, quasiment les mêmes solutions libérales proposées pour le domaine économique…). Selon le PS, être de gauche de nos jours, ça voudrait dire être sensible à l’écologie (trier ses déchets, quoi, vu l’engagement écolo des “socialistes” qui n’ont plus rien de socialistes), aimer boire un verre au café prolo du coin de la rue, être gentil avec les immigrés (mais pas trop quand meme quand ils brulent les voitures…), bref, le vide théorique. A mon avis, c’est surtout pour ça que le PS se casse la gueule. Il n’est guère plus qu’une pâle copie de l’UMP, et une copie qui ne s’assume même pas en plus. Enfin, pas encore du moins.
Je ne pense pas qu’il y ait quelque chose à attendre du PS, ni d’un quelconque parti d’ailleurs.
Glandeur
26 août 2009 à 16:51
“Le problème, c’est plutôt que l’idéologie du PS c’est l’économie de marché, le spectacle et le libéralisme.”
C’est bien ce que je dis, le PS ne sait plus fédérer ceux qui autrefois le soutenaient car il ne se démarque pas (extrêmement peu dirons-nous, pour garder au moins une parcelle d’objectivité) idéologiquement des partis néolibéraux. Par “manque d’idéologie” c’est surtout cela que je voulais signifier. Mais au delà même du fait que le PS soit finalement si proche de ce que la gauche est censée combattre, le Parti Socialiste est mou du gland dans ses prises de position. Même lorsque ses représentants sont farouchement opposés à un projet venant du Gouvernement, la mollesse règne partout, car il y a en jeu le statut de chacun.
“Manque d’idéologie” était donc une expression au demeurant bien mauvaise pour dire que si le PS est sous le niveau de la mer c’est parce-que personne en son sein n’a la force de ses convictions, ce qui entraîne inexorablement une mollesse de la part de tous et un glissement d’autant plus flagrant vers une acceptation de la politique néo libérale. Cela dit je doute que même dans une forme olympique un tel “socialisme” (aberration du langage) me satisfasse un jour.
François
29 août 2009 à 20:24